Les Hussons en Bolivie - Mission familiale à l’Institut d’Éducation Rurale
Réponses aux questions essentielles 
dimanche, janvier 25, 2009, 12:20
Après une bonne nuit de sommeil, soit 14h d'affilée pour les enfants, on est allés à la messe du dimanche matin à pied car aucune voiture/truffi/camion/... n'avait le droit de circuler le jour du référencdum. Une belle messe très vivante avec beaucoup de chants et de jeunes présents. Ils ont souhaité la bienvenue à toute la famille après la Communion mais il ne restait que Sre Murielle et moi pour la représenter car Élise nourrissait le gazon dehors et Clément y prenait un peu d'air avec Christine pour éviter un malaise. Julien était resté avec sa blonde sur Skype.

Après un bon repas avec les Soeurs et une siesta, on s'attaque au principal: Dans quel sens tourne l'eau quand on flushe ? Tests scientifiques à l'appui avec contrôle vidéo: Elle ne tourne pas. Peut-être sommes nous trop proche de l'équateur... La toilette tourne en anti-horaire mais les conduits d'eau sont dirigés, donc ce n'est pas concluant.

Autre vérification indispensable pour rassurer Didier: Oui nous existons, si on se réfère à la définition d'exister étant d'être sur Google Map. La preuve au lien suivant:




Voilà, il ne reste plus que les aspects secondaires de la mission à s'occuper.

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Une semaine plus tard... 
samedi, janvier 31, 2009, 23:08
Et voilà, déjà une semaine de passée. D'abord merci pour vos commentaires sur ce blog et ailleurs, ils sont très appréciés, nous gardent en contact et nous font très plaisir en voyant que vous pensez à nous, merci!

Une semaine bien remplie mais pourtant détendante, on nous donne le temps de nous adapter et de nous mettre peu à peu au travail. L'expérience contredit nos préjugés, l'image du Sud-Américain faisant la siesta presque toute la journée sous son sombrero ne tient pas. C'est plutôt le contraire, quand on se lève vers 7h30 pour aller prendre notre petit déjeuner, on voit par la fenêtre les hommes du terrain, les filles et les religieuses qui sont déjà au travail pour bêcher, vendre des œufs et finaliser la construction du nouveau pavillon. Déjà à La Paz cela nous avait frappé de voir tout le monde courir partout, alors que nous avions de la misère à nous trainer les pieds. Le soir vers 9h, quand nous nous préparons à nous coucher ou faisons une dernière partie de basket, les gens sur le site sont encore au boulot sous des spots pour y voir quelque chose, on se sent pas mal B.S...



La différence est au niveau de la manière de travailler, toujours une musique entrainante pas loin, les gens sont souriants, se saluent toute la journée (on a encore de la misère à savoir si on est au "buenos dias, tardes, ou noches" mais bon, on ne se moque pas trop de nous), il y a beaucoup d'entraide et tout parait ainsi plus facile. On ne parle pas de burnout, dépression ou stress, et pourtant les choses avancent, souvent avec beaucoup d'ingéniosité car les moyens sont loin d'être les mêmes à ce qu'on est habitués.

Les choses se précisent pour nos implications et Sre Murielle est toujours aux aguets pour en trouver aussi pour les enfants et ainsi faciliter leur adaptation. Christine fait une variation de la cuisine collective en montrant à la cuisinière des recettes Canadiennes. Je ne suis pas sûr de l'authenticité ancestrale des celles-ci, mais ses recettes permettent de varier un peu les plats pour les filles et d'utiliser les légumes du jardins d'autres façons. Elle va aussi s'occuper des activités para-scolaires, entre 18h et 19h30 pour éloigner les filles de la TV et les garder en bonne forme physique et mentale pour les cours du soir.



J'ai commencé à regarder comment mettre l'ensemble du site en réseau et partager l'accès Internet. Avec Rilmar, un jeune professeur d'informatique du coin, nous avons commencé les petits achats en continuant d'espérer obtenir le financement nécessaire pour l'achat des ordinateurs et des meubles pour la classe d'informatique. Il y aura 2 sites Web à faire, un pour promouvoir localement la vente des œufs (avec 2000 poules, ça pond!) et ainsi faciliter cette activité d'auto-financement. Un autre pour présenter l'Institut aux membres du clergé qui oriente les filles des campagnes vers les études pour aider la communauté, aux éventuels donateurs et à ceux déjà actifs pour leur permettre de voir les résultats tangibles qu'amènent leurs dons. Il y aurait aussi à faire un système pour faciliter la gestion du stock et la vente des œufs si on arrive à motiver les personnes impliquées pour changer leur méthode de travail actuelle.



Bon, maintenant je m'apprête à vous décevoir, à chuter du piédestal sur lequel certains d'entre vous nous ont mis. Voilà, je serai bref et direct, nous sommes dans un petit Paradis. Pas de bestioles sauvages ou venimeuses à combattre, pas de commando terroriste à fuir, pas de petits plats aux larves et à la cervelle de perroquet. En fait nous sommes très confortablement installés dans la petite maison déjà montrée sur les photos, avec de l'eau potable obtenue grâce à un puits de 85 mètres, nous avons de bons légumes bio à portée de la main, sommes à 0.0 minute du travail, le boulot nous permet de se sentir utiles et de donner des fruits, nous sommes nourris midi et soir en agréable compagnie, avons du transport en commun qui passe tous les 30 secondes (sans mentir!) et qui coute environ 25 cents, faisons la siesta quand on en ressent le besoin et du sport quand on croit avoir assez d'oxygène.



Notre plus grand désagrément est la pollution sonore et olfactive, i.e. on se faire réveiller à 6hAM par le "buzzer" de la porte principale qui annonce l'arrivée d'un client pour les oeufs, l'usine à côté fait un bruit de soufflerie retentissant toute la journée, et Cochabamba étant dans une cuvette de montagnes, les pets diggestifs des vieux camions rafistolés restent dans l'air ambiant plusieurs jours et nous mettent dans un smog continuel. Alors si on relativise par rapport à être pogné matin et soir dans les travaux de l'autoroute 13...



Bref, merci de nous trouver courageux car nous auront effectivement besoin de courage pour quitter cet Éden et retourner pelleter notre entrée de garage.

Bon OK, nous savons que nous sommes dans la phase "Lune de miel" comme nous avons vu dans notre cours de missionnaires et nous nous apprêtons à en redescendre dans les semaines à venir, mais ça fait quand même du bien quand ça passe.

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Photos du mois de janvier 
mardi, février 3, 2009, 03:07
Hier Christine était malade, probablement une insolation. Aujourd'hui ça allait bien. On a donné un coup de main pour déménager les livres dans la nouvelle bibliothèque. La responsable va saisir l'inventaire dans un chiffrier Excell en attendant que je trouve un système de gestion des prêts. Ce que j'ai vu des livres me fait douter qu'il y ait beaucoup d'emprunts, un sérieux rafraichissement serait nécessaire.

Christine a suivi les conseils de PA et a commencé à montrer aux filles des jeux de chez nous, soit la "cruche" (une sorte de tag où on s'accroche aux coudes des autres) et au ballon chasseur. Le hockey cosom s'en vient dès qu'on aura trouvé des bâtons chez Bolivian-Tire.

Pour résumer la semaine en photos commentées plutôt qu'en commentaires agrémentés de photos, voici le lien:


mission.7uz.org/photo



C'est un travail de moine, non pas de choisir une centaine de photos parmis les 900+ prises, mais de les transférer avec un lien Internet de 33Kbps avec beaucoup d'interruptions.

Pour répondre à Mamie Danielle, même si la Bolivie est à l'Ouest de l'Amérique du Sud comme on le voit sur la carte en haut, elle est à l'Est du Québec, donc une heure + tard comme dans les Maritimes.


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La vie à l'IER 
vendredi, février 6, 2009, 13:56
Je n'ai pas encore beaucoup contribué au blog , pour changer un peu le style de Thierry et ne pas lasser le lecteur je me lance. Après 10 jours nous nous sentons chez nous à L'IER et déjà dans une routine connue. C'est rassurant quelque part, et on commence à connaître et surtout reconnaître une partie des filles qui vivent ici.

Ce qui m'impressionne toujours chez elles: leur joie..., je n'en ai pas encore vue une seule qui avait l'air triste elles sont toujours en train de rire. Et pourtant leur vie n'est pas facile, levées vers 6h30 le matin elles ont toutes des tâches communautaires à faire chaque jour en plus des cours et certaines doivent en plus travailler pour payer leur scolarité qui est d'un coût plutôt minime: environ 20$ par mois (nourriture et logement compris).

Les gens gagnent vraiment peu ici, les profs environ 3000$ par année. La jeune fille qui vend des œufs à la porte et qui pourrait rentrer chez elle tous les soirs, préfère rester à l'institut la semaine car elle trouve cela cher de payer l'équivalent de 1$ par jour pour l'aller-retour...c'est dire ! Mais j'ai aussi l'impression que plusieurs aiment les conditions de vie et l'esprit qui règne à l'IER, ils ont de la bonne nourriture, de belles conditions de travail et surtout un esprit d'entraide et de fête très motivant, c'est certainement un salaire qui n'a pas de prix.

À midi nous avons rencontré un prêtre médecin d'origine belge très engagé au niveau des mineurs dans la région de Potosi. Comme il travaille pour les pauvres et qu'il prend position pour eux, on a plusieurs fois tenté de le tuer. Lutter pour les pauvres demande un certain courage ici et se mêler de politique reste dangereux il ne faut pas l'oublier.

Ce qui est plus difficile comme adaptation, c'est de ne pas pouvoir sortir comme on veut. La nuit tombée il ne vaut mieux pas sortir, question de sécurité, donc on reste bien sagement entre les murs de l'IER. Le jour on peut se déplacer, mais comme on ne connaît pas trop la ville on prend les truffis qu'on connaît, ça limite un peu les explorations! Comme on sait qu'on ne peut pas ni manger ni boire n'importe où, ça nous limite aussi. Il va falloir se préparer sérieusement lorsqu'on fera des petits tours à l'extérieur de la ville. Comme je suis plutôt une fille de la campagne, j'ai bien hâte de découvrir un peu les montagnes qu'on voit d'ici, même si les pentes ont l'air pas mal à pic.

La période du carnaval à commencé, et j'ai reçu mes premières ballounes d'eau. En fait les jeunes les lancent à partir des voitures. Je trouve que je fais une cible un peu trop intéressante. J'ai eu une petite pensée pour Dominique qui y avait goûté elle aussi...oui ça fait mal! Nous avons vu aussi des groupes répéter dans la rue pour les danses des parades du Carnaval. Ça doit être vraiment beau avec les costumes, on vous racontera!


À la demande de Faboune, l'auteure avec son sombrero de Yankee contre les insolations.

Voilà pour aujourd'hui, je m'en vais réveiller les enfants qui doivent commencer l'école. Ils se sentent encore un peu trop en vacances et manquent un peu d'entrain lorsqu'il s'agit de faire des devoirs, mais ils travaillent tout de même et devraient s'en sortir.

Merci pour votre soutien, il est très important pour nous
Christine

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Deux semaines et des poussières 
mardi, février 10, 2009, 14:28
Bon, voilà une deuxième semaine de passée. Le temps est un drôle de concept auquel il est nécessaire de donner une mesure commune car on à l'impression d'être arrivés hier tellement ça passe vite et à la fois d'être là depuis plus longtemps tellement qu'on a été bien accueillis et qu'on semble faire partie de la famille. Et si on demande aux enfants, on est là depuis une éternité tellement on s'ennuie et que c'est plate ici où on ne peut que jouer toute la journée, même l'école leur manque...

Pour résumer la semaine en une phrase: On a continué à fêter.

Avec plus de détails, on a été dimanche matin dans une église de pèlerinage à la vierge à Quillacollo, à 5 minutes de truffi d'ici. C'était bondé de monde et de quelques chiens errants. Je n'y était pas à l'aise, pas parce que nous n'avions pas trouvé de place assise mais par la richesse du décors et du style de prédication qui faisait penser à ce qu'on dit de l'Église des années 1950 au Québec: Communion où le prêtre met l'hostie en bouche, insistance sur le pêché. J'ai de loin préféré celle de la semaine passée où les fleurs remplaçaient les dorures. Par contre j'ai été émus par la foi vivante des gens, la présence d'enfants, de jeunes, de personnes handicapées, ... La suite était plus folklorique avec la bénédiction des voitures qui se faufilaient dans une marée humaine. Cette bénédiction est certainement nécessaire vu la façon dont les gens conduisent ici, c'est à dire comme à Montréal sauf qu'ici c'est légal de passer sur la rouge, de zigzaguer sur la route sans clignoter et d'ignorer la présence des piétons.

Dimanche PM, on est allé voir un match de football (soccer) à 15h sur le terrain voisin à la Cadeca, division de l'IER pour les hommes. Les premiers joueurs sont arrivés à 16h30...


Lundi 3 février, c'était la fête à Sre Murielle qu'on a fêter chez les filles avec les professeurs, puis chez elle avec ses Sœurs.




Yolanda, une cuisinière talentueuse et une femme dévouée à sa famille élargie, nous avait préparé un bon gâteau aux ananas pour souligner l'occasion, auquel Sre Murielle à rajouter une petite touche très Québécoise.



Le lendemain, mardi, nous avons fêté l'inauguration du Centre d'Éducation Alternative Délia Tétrault (fondatrice des sœurs MIC), entité qui permettra d'avoir un diplôme secondaire reconnu par l'équivalent du ministère de l'éducation, et les éventuelles subventions municipales. Nous avons fait un exercice d'équipe pour trouvé la valeur qui caractérisait le centre, ce qui a abouti sur la joie-force-entraide-communication-générosité.


Entretemps, nous arrivons quand même à travailler. Sre Murielle, toujours inspirée et inspirante, m'a trouvé une nouvelle occupation en constituant un petit groupe de 4 personnes très motivées à être formées en informatique. Cela me permettra (i.e. forcera) à me mettre sérieusement au Castillan (Espagnol d'Amérique du Sud), à avoir de l'aide sur place pour installer l'équipement quand il arrivera et à le maintenir après mon départ. J'ai donc fait un petit plan de cours de 4 matières (systèmes et réseaux, bureautique et gestion, internet, et bases de données) avec 3 niveaux d'apprentissage pour évaluer la matière à donner et officialiser la formation en informatique et faciliter la recherche d'un professeur à long terme. Je devais commencer ce soir mais heureusement ça a été remis à après-demain (mercredi).

Élise a fait une nouvelle affiche pour publiciser la vente d'œufs sur les murs de l'IER.


Nous avons profité de la belle journée de samedi pour monter au Christo de la Concorde car nous avions été surpris par l'orage lors de notre dernière tentative. Cela nous a permis d'avoir une vue d'ensemble sur Cochabamba et de mettre à l'épreuve nos muscles pour la descente seulement. Heureusement que nous avions sagement choisi de monter en téléphérique car il y a environ 2000 marches à gravir.


Le site était beau si on fait abstraction de l'épandage de déchet. Certains aurait besoin de s'améliorer au basketball...


On s'est sentis honteux que pour notre première sortie au restaurant, on soit atterris chez Burger King mais bon, il fallait faire plaisir aux enfants et me rappeler mes problèmes gastriques qui s'étaient déclenchés à ma dernière journée au bureau. Pour ça, la désintox de café et l'adoption du thé de coca a fait beaucoup de bien, malheureusement on n'en trouve pas chez Provigo.


Nous avons profité du jour du marché pour prendre un bain de foule à la "Cancha" où les enfants ont eu l'impression de faire de bonnes aubaines. On a acheté d'autres films, à 3 pour 2$, on n'est pas trop exigeant sur la qualité de la copie. C'est impressionnant de voir la montagne de stock sur la rue qui doit être aménagé le matin et rapatriée le soir. Beaucoup de commerçants somnolent dans le kiosque car les journées sont dures et longues, leurs bébés et jeunes enfants sous les tables pour se protéger de la chaleur mais pas de la pollution répugnante.



Autre adaptation à la réalité locale, ma collection de logiciels open-source que j'avais préparée ne servira pas beaucoup. Ce que je voyais comme une solution pour les pays émergents pour participer à l'économie du savoir (langage de bureaucrate) n'a pas le même sens quand les logiciels piratés se vendent à moins d'1$ par CD au grand jour sur la rue et dans les magasins. Les cafés Internet qu'on trouve à tous les coins de rue et au fond de dépanneurs improvisés sont plus à jour que moi dans leur versions de logiciels Microsoft.


Le soir, autre partie de basket improvisée par les filles où j'en profite pour faire des portraits démontrant leur joie et la complicité qu'elles ont. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas car il y a eu 2 fugues cette semaines, deux nouvelles qui ont probablement eu de la difficulté de passer de la liberté de la campagne aux contraintes de la ville.


Ce dimanche, nous sommes allés Christine et moi avec José à la fête donnée par Ruben et sa famille pour financer une opération à cœur ouvert d'un de leurs amis. L'ambiance était fort sympathique mais j'avoue avoir eu peur de goûter à tout.

Ruben servant la Chicha, spécialité locale à base d'alcool de maïs. Ça doit équivaloir au p'tit remontant de Papi-Éric...



Maman de Ruben avec ses chaudrons

Un petit tour chez la "peluqueria" après m'a soulagé de mon casque de poil pour moins cher que le tip que je donne au barbier habituellement. C'était aussi une expérience de se laisser jouer dans les cheveux par une dame qui s'interrompt pour sortir un seau d'eau usée et manque de se faire bousculer à tout bout de champs quand elle a une lame de rasoir sur ton cou. Raphaël aurait surement aimé être parmi les 10 personnes de la petite pièce juste pour voir ça.


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