Les Hussons en Bolivie - Mission familiale à l’Institut d’Éducation Rurale
Premières impressions de Christine 
samedi, janvier 24, 2009, 05:31
De Montréal à Cochabamba...un long voyage
entre le Nord et le Sud
entre la neige et le soleil
entre la richesse et la pauvreté
entre la modernité et le traditionnel
entre l'individu et la communauté

Le passage de l'un à l'autre est souffrant, c'est naître à quelque chose de nouveau en laissant derrière nous notre sécurité, nos amis, des habitudes construites sur plusieurs années ou décennies. Le changement est brutal presque trop grand, surtout pour les enfants. Ils ont beaucoup de deuils à faire. Mais l'accueil de toute l'équipe de l'IER, la maison préparée pour nous jusque dans les moindres détails, la beauté du site de l'institut et la paix qui y règne est bienfaisante. Un petit paradis entouré de murs et de barbelés, où chacun se sent bien et où tout le monde travaille très fort. C'était bien de rester une journée à l'intérieur de ces mûrs avant d'affronter la ville, ce que nous avons fait le deuxième jour. L'expédition en truffi où chacun s'assoit comme il peut est déjà une expérience, le trafic, la pollution, l'état des maisons est déstabilisante. Mais il est impressionnant de voir ces femmes vendre toutes sortes de choses un peu partout. Il y a des piles de nourritures impressionnantes, des couleurs et beaucoup de monde partout. Nous faisons un petit tour de ville avec Sr Murielle en finissant par le marché de la Cancha un vrai labyrinthe de petites boutiques. Nous retournons ensuite à l'IER où nous commençons à nous sentir chez nous. Des filles rient dans un coin, elles sont prêtes à jouer avec nous au basket. Premiers contacts d'une relation qui s'annonce bien. Nous goûtons aussi à la spécialité locale pour les fêtes une boisson au maïs bleu et à la cannelle avec des beignets plats. C'est très bon...nous leur offrons du sirop d'érable, premier partage culturel gastronomique, une expérience mystique comme le dit Sr Kani.
Ce qui nous a aussi aidé, surtout les enfants, c'est de pouvoir parler à leurs amis du Canada grâce à la magie de l'internet.

En vrac quelques images qui m'ont marqué ses premiers jours:
- un petit enfant de 2 ans environ qui dormait sur le trottoir
- les couleurs des habits des femmes
- la timidité des filles à l'institut
- le travail de tout le monde


Les filles de l'IER dans les costumes traditionnels représentant les 9 régions de la Bolivie

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Réponses aux questions essentielles 
dimanche, janvier 25, 2009, 12:20
Après une bonne nuit de sommeil, soit 14h d'affilée pour les enfants, on est allés à la messe du dimanche matin à pied car aucune voiture/truffi/camion/... n'avait le droit de circuler le jour du référencdum. Une belle messe très vivante avec beaucoup de chants et de jeunes présents. Ils ont souhaité la bienvenue à toute la famille après la Communion mais il ne restait que Sre Murielle et moi pour la représenter car Élise nourrissait le gazon dehors et Clément y prenait un peu d'air avec Christine pour éviter un malaise. Julien était resté avec sa blonde sur Skype.

Après un bon repas avec les Soeurs et une siesta, on s'attaque au principal: Dans quel sens tourne l'eau quand on flushe ? Tests scientifiques à l'appui avec contrôle vidéo: Elle ne tourne pas. Peut-être sommes nous trop proche de l'équateur... La toilette tourne en anti-horaire mais les conduits d'eau sont dirigés, donc ce n'est pas concluant.

Autre vérification indispensable pour rassurer Didier: Oui nous existons, si on se réfère à la définition d'exister étant d'être sur Google Map. La preuve au lien suivant:




Voilà, il ne reste plus que les aspects secondaires de la mission à s'occuper.

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Une semaine plus tard... 
samedi, janvier 31, 2009, 23:08
Et voilà, déjà une semaine de passée. D'abord merci pour vos commentaires sur ce blog et ailleurs, ils sont très appréciés, nous gardent en contact et nous font très plaisir en voyant que vous pensez à nous, merci!

Une semaine bien remplie mais pourtant détendante, on nous donne le temps de nous adapter et de nous mettre peu à peu au travail. L'expérience contredit nos préjugés, l'image du Sud-Américain faisant la siesta presque toute la journée sous son sombrero ne tient pas. C'est plutôt le contraire, quand on se lève vers 7h30 pour aller prendre notre petit déjeuner, on voit par la fenêtre les hommes du terrain, les filles et les religieuses qui sont déjà au travail pour bêcher, vendre des œufs et finaliser la construction du nouveau pavillon. Déjà à La Paz cela nous avait frappé de voir tout le monde courir partout, alors que nous avions de la misère à nous trainer les pieds. Le soir vers 9h, quand nous nous préparons à nous coucher ou faisons une dernière partie de basket, les gens sur le site sont encore au boulot sous des spots pour y voir quelque chose, on se sent pas mal B.S...



La différence est au niveau de la manière de travailler, toujours une musique entrainante pas loin, les gens sont souriants, se saluent toute la journée (on a encore de la misère à savoir si on est au "buenos dias, tardes, ou noches" mais bon, on ne se moque pas trop de nous), il y a beaucoup d'entraide et tout parait ainsi plus facile. On ne parle pas de burnout, dépression ou stress, et pourtant les choses avancent, souvent avec beaucoup d'ingéniosité car les moyens sont loin d'être les mêmes à ce qu'on est habitués.

Les choses se précisent pour nos implications et Sre Murielle est toujours aux aguets pour en trouver aussi pour les enfants et ainsi faciliter leur adaptation. Christine fait une variation de la cuisine collective en montrant à la cuisinière des recettes Canadiennes. Je ne suis pas sûr de l'authenticité ancestrale des celles-ci, mais ses recettes permettent de varier un peu les plats pour les filles et d'utiliser les légumes du jardins d'autres façons. Elle va aussi s'occuper des activités para-scolaires, entre 18h et 19h30 pour éloigner les filles de la TV et les garder en bonne forme physique et mentale pour les cours du soir.



J'ai commencé à regarder comment mettre l'ensemble du site en réseau et partager l'accès Internet. Avec Rilmar, un jeune professeur d'informatique du coin, nous avons commencé les petits achats en continuant d'espérer obtenir le financement nécessaire pour l'achat des ordinateurs et des meubles pour la classe d'informatique. Il y aura 2 sites Web à faire, un pour promouvoir localement la vente des œufs (avec 2000 poules, ça pond!) et ainsi faciliter cette activité d'auto-financement. Un autre pour présenter l'Institut aux membres du clergé qui oriente les filles des campagnes vers les études pour aider la communauté, aux éventuels donateurs et à ceux déjà actifs pour leur permettre de voir les résultats tangibles qu'amènent leurs dons. Il y aurait aussi à faire un système pour faciliter la gestion du stock et la vente des œufs si on arrive à motiver les personnes impliquées pour changer leur méthode de travail actuelle.



Bon, maintenant je m'apprête à vous décevoir, à chuter du piédestal sur lequel certains d'entre vous nous ont mis. Voilà, je serai bref et direct, nous sommes dans un petit Paradis. Pas de bestioles sauvages ou venimeuses à combattre, pas de commando terroriste à fuir, pas de petits plats aux larves et à la cervelle de perroquet. En fait nous sommes très confortablement installés dans la petite maison déjà montrée sur les photos, avec de l'eau potable obtenue grâce à un puits de 85 mètres, nous avons de bons légumes bio à portée de la main, sommes à 0.0 minute du travail, le boulot nous permet de se sentir utiles et de donner des fruits, nous sommes nourris midi et soir en agréable compagnie, avons du transport en commun qui passe tous les 30 secondes (sans mentir!) et qui coute environ 25 cents, faisons la siesta quand on en ressent le besoin et du sport quand on croit avoir assez d'oxygène.



Notre plus grand désagrément est la pollution sonore et olfactive, i.e. on se faire réveiller à 6hAM par le "buzzer" de la porte principale qui annonce l'arrivée d'un client pour les oeufs, l'usine à côté fait un bruit de soufflerie retentissant toute la journée, et Cochabamba étant dans une cuvette de montagnes, les pets diggestifs des vieux camions rafistolés restent dans l'air ambiant plusieurs jours et nous mettent dans un smog continuel. Alors si on relativise par rapport à être pogné matin et soir dans les travaux de l'autoroute 13...



Bref, merci de nous trouver courageux car nous auront effectivement besoin de courage pour quitter cet Éden et retourner pelleter notre entrée de garage.

Bon OK, nous savons que nous sommes dans la phase "Lune de miel" comme nous avons vu dans notre cours de missionnaires et nous nous apprêtons à en redescendre dans les semaines à venir, mais ça fait quand même du bien quand ça passe.

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Photos du mois de janvier 
mardi, février 3, 2009, 03:07
Hier Christine était malade, probablement une insolation. Aujourd'hui ça allait bien. On a donné un coup de main pour déménager les livres dans la nouvelle bibliothèque. La responsable va saisir l'inventaire dans un chiffrier Excell en attendant que je trouve un système de gestion des prêts. Ce que j'ai vu des livres me fait douter qu'il y ait beaucoup d'emprunts, un sérieux rafraichissement serait nécessaire.

Christine a suivi les conseils de PA et a commencé à montrer aux filles des jeux de chez nous, soit la "cruche" (une sorte de tag où on s'accroche aux coudes des autres) et au ballon chasseur. Le hockey cosom s'en vient dès qu'on aura trouvé des bâtons chez Bolivian-Tire.

Pour résumer la semaine en photos commentées plutôt qu'en commentaires agrémentés de photos, voici le lien:


mission.7uz.org/photo



C'est un travail de moine, non pas de choisir une centaine de photos parmis les 900+ prises, mais de les transférer avec un lien Internet de 33Kbps avec beaucoup d'interruptions.

Pour répondre à Mamie Danielle, même si la Bolivie est à l'Ouest de l'Amérique du Sud comme on le voit sur la carte en haut, elle est à l'Est du Québec, donc une heure + tard comme dans les Maritimes.


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La vie à l'IER 
vendredi, février 6, 2009, 13:56
Je n'ai pas encore beaucoup contribué au blog , pour changer un peu le style de Thierry et ne pas lasser le lecteur je me lance. Après 10 jours nous nous sentons chez nous à L'IER et déjà dans une routine connue. C'est rassurant quelque part, et on commence à connaître et surtout reconnaître une partie des filles qui vivent ici.

Ce qui m'impressionne toujours chez elles: leur joie..., je n'en ai pas encore vue une seule qui avait l'air triste elles sont toujours en train de rire. Et pourtant leur vie n'est pas facile, levées vers 6h30 le matin elles ont toutes des tâches communautaires à faire chaque jour en plus des cours et certaines doivent en plus travailler pour payer leur scolarité qui est d'un coût plutôt minime: environ 20$ par mois (nourriture et logement compris).

Les gens gagnent vraiment peu ici, les profs environ 3000$ par année. La jeune fille qui vend des œufs à la porte et qui pourrait rentrer chez elle tous les soirs, préfère rester à l'institut la semaine car elle trouve cela cher de payer l'équivalent de 1$ par jour pour l'aller-retour...c'est dire ! Mais j'ai aussi l'impression que plusieurs aiment les conditions de vie et l'esprit qui règne à l'IER, ils ont de la bonne nourriture, de belles conditions de travail et surtout un esprit d'entraide et de fête très motivant, c'est certainement un salaire qui n'a pas de prix.

À midi nous avons rencontré un prêtre médecin d'origine belge très engagé au niveau des mineurs dans la région de Potosi. Comme il travaille pour les pauvres et qu'il prend position pour eux, on a plusieurs fois tenté de le tuer. Lutter pour les pauvres demande un certain courage ici et se mêler de politique reste dangereux il ne faut pas l'oublier.

Ce qui est plus difficile comme adaptation, c'est de ne pas pouvoir sortir comme on veut. La nuit tombée il ne vaut mieux pas sortir, question de sécurité, donc on reste bien sagement entre les murs de l'IER. Le jour on peut se déplacer, mais comme on ne connaît pas trop la ville on prend les truffis qu'on connaît, ça limite un peu les explorations! Comme on sait qu'on ne peut pas ni manger ni boire n'importe où, ça nous limite aussi. Il va falloir se préparer sérieusement lorsqu'on fera des petits tours à l'extérieur de la ville. Comme je suis plutôt une fille de la campagne, j'ai bien hâte de découvrir un peu les montagnes qu'on voit d'ici, même si les pentes ont l'air pas mal à pic.

La période du carnaval à commencé, et j'ai reçu mes premières ballounes d'eau. En fait les jeunes les lancent à partir des voitures. Je trouve que je fais une cible un peu trop intéressante. J'ai eu une petite pensée pour Dominique qui y avait goûté elle aussi...oui ça fait mal! Nous avons vu aussi des groupes répéter dans la rue pour les danses des parades du Carnaval. Ça doit être vraiment beau avec les costumes, on vous racontera!


À la demande de Faboune, l'auteure avec son sombrero de Yankee contre les insolations.

Voilà pour aujourd'hui, je m'en vais réveiller les enfants qui doivent commencer l'école. Ils se sentent encore un peu trop en vacances et manquent un peu d'entrain lorsqu'il s'agit de faire des devoirs, mais ils travaillent tout de même et devraient s'en sortir.

Merci pour votre soutien, il est très important pour nous
Christine

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