Les Hussons en Bolivie - Mission familiale à l’Institut d’Éducation Rurale
Une expérience «en el campo» 
dimanche, mai 24, 2009, 04:22
Fin mai toute la famille a décidé d'accompagner sœur Cypri dans un petit village dans les montagnes où les sœurs sont impliquées depuis plusieurs dizaines d'années.. Après 3 heures de route nous arrivons au cœur des montagnes du versant amazonien des Andes à la rencontre de la Bolivie des campagnes et du petit village de Tablas Monte. Enfin de l'air pur...tout est très vert, pas de voitures ou presque, pas de téléphone ni d'internet...les vrais vacances quoi!


Le premier matin nous partons avec Sr Cypri pour ses visites aux gens du village. Le choc est grand pour nous, les personnes que nous rencontrons sont très pauvres et vivent pour la plupart dans des maisons en bois avec une seule pièce pour toute la famille. Plusieurs sont handicapés , la plupart ont des dents qui feraient frémir nos dentistes. Mais ces personnes dégagent une gentillesse incroyable, pour moi ils représentent la vie. La vie difficile où le travail quotidien est dur, mais aussi la vie où la communauté joue un rôle essentiel. Ici même la justice est communautaire et le village a un droit de vie et de mort même sur ses membres. C'est le village qui décide de l'attribution des lots de terre à cultiver. Quand on sait que certains doivent marcher 3 heures pour se rendre à leurs champs, cela revêt une grande importance.

Rares sont les maisons qui ont l'électricité. La plus belle du village qu'on voit en rouge est la mairie qui abrite aussi le dépanneur du village.

Pour les enfants ce premier contact a été difficile, c'est vrai que c'est dur de voir la pauvreté. La garderie du village a constitué également une visite traumatisante. Imaginez une petite maison dont le mur du fond menace de s'écrouler, pas de fenêtres, et entre 30 et 50 enfants de 6 mois à 5 ans, par terre ou sur le béton sans aucun jouet. Imaginez les nez qui coulent, les enfants qui grimpent sur un mur de 2 à 3 mètres et qui peuvent tomber à tout moment. Trois gardiennes sont là pour s'occuper surtout des plus petits, les plus grands des enfants s'occupant chacun de leur frère et sœur. Mais des visages tellement beaux...des sourires qui resteront dans nos cœurs.


Jamais nous n'oserions mettre notre enfant dans un endroit pareil...mais à Tablas Monte les parents n'ont pas le choix. Ils doivent travailler aux champs toute la journée et ne peuvent s'occuper des plus petits. Subvenir aux besoins de la famille exige l'énergie de tous. Et les enfants grandissent vite. À 7 ans les filles font la cuisine pour toute la famille et les garçons sont aux champs la moitié de la journée en principe. L'autre moitié de la journée ils vont à l'école si leur parent sont d'accord. L'école est peut-être l'endroit le plus moderne du village. Mais là encore les ressources sont très limitées et les enfants sont très en retard par rapport à ce qu'on peut donner comme éducation dans notre pays. Pas étonnant, ils n'ont jamais joué avant, jamais entendu leur parent leur raconter une histoire, ils n'ont pas été stimulé petits...


Les moments de catéchèse avec les sœurs sont pour eux presque leur unique occasion de détente. Ils savent qu'il y aura toujours pour eux un temps de jeux, de sport, des goûters, un temps où ils pourront raconter leur vécu à Sr Cypri qui porte dans son cœur toutes leurs épreuves. Et il y en a des épreuves, entre les enfants battus, des cas d'inceste, des mamans malades, des parents qui sont morts ou qui ont fuit le village, des handicaps de toute sorte, ils en ont gros sur le cœur tous ces enfants. Mais ce temps avec les sœurs est un temps pour eux et je dois dire que j'ai été très impressionnée par leur travail. Il y aurait tellement à faire dans ce seul petit village!


Nous avons décidé d'y retourner et d'acheter un baby-foot pour la salle paroissiale (les enfants adorent le mini baby foot à moitié décomposé qui s'y trouvent actuellement, et d'acheter des jeux pour la garderie. Des jeux de construction en bois, tangrams, figurines et peut-être des poupées et des petites auto. Pour 2 à 5$ Can. on peut acheter un jeu pour vous si cela vous tente de participer. Nous y retournerons certainement en juin si on peut sinon en juillet ou en août. C'est certain que les enfants de Tablas Monte nous ont touché profondément et nous aimerions les aider à vivre un peu plus comme des enfants et non comme des adultes à 6 ou 7 ans. On ne changera pas le monde, mais si la vie de quelques enfants peut être améliorée, nous aurons déjà gagner une grande bataille.


Christine

Pour d'autres photos de notre visite de Tables Monte - Cliquer ici:



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